Dans ce post, je me propose de me pencher un peu plus en avant sur les influences tirées d’une série en particulier ; X-Files.
Les éléments inspirés de X-Files
Il n’est pas difficile d’imaginer que mon inspiration passe d’abord par l’ambiance noire et oppressante de la série, en particulier des saisons 1 à 4, qui étaient particulièrement bien menées, mais aussi passablement glauques. L’ambiance dans X-files, passe à mon sens par moi par trois éléments essentiels (hormis le scénario, bien entendu, mais cela serait trop lent de s’étendre dessus…) ; la musique, l’éclairage et… le calendrier.
Qui a oublié le générique composés par Mark Snow, et qui a fait un tabac jusque dans les boîtes de nuit dans les années 90 ? Étrange et un peu mélancolique, il était accompagné par des images psychédéliques qui annonçaient bien la couleur de la série, les thèmes prédominants et son encrage dans l’étrange.
Les musiques de fond, omniprésentes durant les 40 minutes de chaque épisode, sont plutôt sombres et mettent une certaine pression sur le spectateur : on s’attend à tout moment que la normalité laisse place au surnaturel, et que l’étrange se manifeste.
L’éclairage dans la série fait la part belle à la pénombre, voir à l’obscurité. Non pas que les scènes se passent toutes en extérieur, mais beaucoup sont nocturnes. Mais quand il y a de la lumière, elle est toujours diffuse, renforçant le sentiment général d’oppression, et laisse de grandes places à l’ombre, où ce tapis le danger.
Le calendrier, mais qu’est-ce donc? C’est en fait ma façon de nommer l’habitude dans X-Files de situer les scènes géographiquement et parfois temporellement, en indiquant le lieu et l’heure. Avant “24″, X-Files a été la première série télévisée à utiliser ce procédé, que j’ai trouvé très séduisant car il renforce l’ancrage dans la réalité… (et accessoirement, m’oblige à garder pied avec mon scénario, car je suis tenue à une rigueur temporelle entre les différentes scènes).

Pour terminer ce post…
… Joignons aux extraits suivants des Chroniques quelques décors de X-Files :
Chronique 7, épisode 1 :
« Il leva les yeux vers le ciel. Une pleine lune embrumée éclairait un ciel coloré d’un bleu sombre. Son pied buta contre une racine et il rétablit son équilibre de justesse. Et constata qu’il s’était vraiment beaucoup avancé dans la forêt. Il se retourna, et ne reconnut pas son chemin.
Camus sentit l’angoisse resserrer un peu plus sa gorge. Il songea brièvement aux démons qu’il avait croisés à Onimura, et s’aperçut soudain combien la forêt était sombre. Il fit quelques pas dans la direction d’où il pensait venir. Et se retrouva face à deux yeux jaunes féroces, surmontant une bouche carnassière.
Février 1975, Sibérie Orientale.
Camus laissa tomber ses bûches à terre, saisi par la peur. Le loup le fixait de ses yeux jaunes, émettant un sourd grondement. Ses oreilles étaient rabattues en arrière, et son poil herissé. La lumière du crépuscule, teintant le paysage du bois enneigé d’un bleu vif, rendait l’animal encore plus effrayant. »
Annexe 1, Sion, épisode 2
Une constatation qui lui glaça le sang, d’autant plus qu’il se trouvait désormais totalement entouré par le brouillard, qui enveloppait de son voile fantomatique toute la clairière et l’étang. L’eau de celui-ci paraissait de plus en plus noire, à mesure que le pâle soleil disparaissait dans le ciel. L’atmosphère qui régnait était oppressante, et lui rappelait infiniment une nuit très précise : celle de la première rencontre avec James Gladestone et Eleny de Wessex.
– Tout le monde fait des erreurs… Toi-même, tu as commis des erreurs, Sion !
Sion sursauta en entendant cette voix enfantine qui semblait provenir de l’étang. Il s’approcha lentement de la surface de l’eau qui se fondait au brouillard en un effet vaporeux des plus fascinants. Il tressaillit lorsqu’il crut apercevoir le visage d’un enfant à côté de sa propre réflexion. Il recula vivement et se retourna, pour vérifier que personne n’était derrière lui. Son regard n’entrevit que les ombres quasi spectrales des arbres se découpant dans le brouillard.
Et pourtant, ce visage, Sion l’avait cru si réel. Et se souvenait parfaitement de qui il s’agissait.
Les deux passages pourraient se décliner dans les décors suivants, ou des atmosphères baignées dans la même trouble nébulosité :

Scène de “The hands that wounds”, saison 2 ep.14

Scène de “Fresh Bones”, Saison 2 Ep. 15
Autre exemple d’utilisation de la lumière avec ce contre-jour. Le visage des acteurs est à peine visible, et laisse planer une atmosphère de mystère, de complot. On sent que quelque chose est en train de se tramer sans savoir quoi. Un effet que j’ai essayé de rendre une ou deux fois par l’écrit, en jouant sur le même effet.

Scène de “Fresh Bones”, Saison 2 Ep. 15
Un décor qui me plait également est cette rue, déserte, sombre (encore que pas trop), propice au crime ou a un évènement surnaturel des moins réjouissants. Pourrait pratiquement être le décor dans lequel Garl Olgers (future réceptacle d’Aphrodite) est agressé (Chapitre 1: Résurrection).

Scène de “Colony”, Saison 2, Ep. 16
Est-ce plus parlant ainsi ? ^^ Si oui, tant mieux!!! Dans un prochain post, je m’étalerai sur les inspirations provenant de la série “Angel”.
Comments
Leave a Reply

Alaiya on 08.15.2007
Ah ben tu vois, je n’avais pas capté les influences de X-Files sur les descriptions et les décors, pourtant les dieux savent à quel point point j’ai pu être fan de cette série, notamment de ses premières saisons (en fait, jsuqu’à la sortie du film; après j’ai décroché).
Et, oui, je confirme, c’est beaucoup plus parlant!^^ En tant que lectrice des Chroniques, ce que je retire comme impression générale des décors est une sensation assez froide en terme de couleurs, et d’agencement des pièces et des meubles, un comme si tout était tiré au cordeau, et que rien ne devait être jamais dérangé, et puis aussi des couloirs souvent déserts, et longs, s’étirant presque à l’infini. Les chambres du QG d’Ermengardis au Japon par exemple, je les vois très dépouillées, anonymes, avec des stores aux fenêtres, des meubles en bois sombre, et même le dessus des lits dans des teintes grises ou bleues. En fait… il y a peu de couleurs dans les Chroniques, du moins, c’est la sensation que j’en garde.
De fait, les ambiances X-filiennes collent beaucoup avec cette impression, ceci explique donc cela.
Pour les inspirations “buffy”, là, je pense avoir un peu plus percuté par contre! :p
megara on 08.19.2007
Pour les chambres, il y a aussi pas mal d’influences japonaises à prendre en compte (l’habitat traditionnel japonais est assez dépouillé et austère, et les quelques meubles sont assez sombres en général). Je reviendrais dans d’autres posts là-dessus, car étant au Japon, j’ai glissé par mal de références à ce pays, en terme de culture, ou de lieux.
Pour les inspirations “Bufiesques” on va voir si tu avais tout trouvé lol