Archive for December 27, 2010

Chronique XIV: Hostilités (1/4)

  • Grèce, Sanctuaire Terrestre, 5 juin 2004, 19h00 (June 5, 2004, 4 :00 PM, GMT +3 :00)

 

  • Temple d’Élision

 

Rhadamanthe gronda de frustration lorsque le poing du Taureau frôla un peu trop près son visage. Plus grand et plus fort que lui, il constituait un véritable rempart infranchissable. Il glissa un œil à Kanon et s’aperçut qu’il s’était retiré de côté, et tenait toujours Rune dans ses bras. Il se mordit nerveusement les lèvres : le Balrog ne méritait pas d’être capturé par cette bande de soudards d’Athéna. Et d’abord, que faisaient-ils donc ici ?

Tout à ses réflexions, il ne vit pas le géant lui décocher un terrible coup de poing en pleine poitrine, assez violent pour lui couper net la respiration. Il se retrouva à genoux, peinant pour reprendre son souffle. La situation était d’autant plus intolérable qu’il était bien certain qu’en temps ordinaire, revêtu du surplis de la Vouivre et en possession de son cosmos, le Taureau n’aurait pas tenu une minute devant lui.

« Maudite sois-tu Perséphone pour m’avoir retiré mes pouvoirs ! »

Il se remit péniblement sur ses jambes puis en garde, mais Aldébaran le gratifia d’un nouveau coup de poing qui le renvoya au sol. Il cracha du sang, ajoutant du rouge à son menton déjà repeint avec celui de sa lèvre inférieure fendue.

« Tu jettes l’éponge ou tu veux continuer ? » lui lança le Brésilien sur un ton triomphal.

La fierté de Rhadamanthe le poussait bien évidemment à refuser, mais il se demandait quelle pouvait être l’issue du combat face au colosse. Et il fallait qu’il trouve un moyen de récupérer Rune : il allait avoir besoin de renforts. Le mieux était de les conduire dans leur repaire : les autres Spectres ne manqueraient pas de faire un sort aux deux anciens chevaliers.

« Très bien… Tu as gagné », concéda-t-il. « Pour le moment », rajouta-t-il mentalement.

  • Dans ledit repaire

Sylphide balaya d’un geste rageur la goutte de sang qui perlait à sa lèvre inférieure, là où il s’était mordu par inadvertance en serrant trop fort les dents. Il se redressa lentement, forçant sa respiration à redevenir normale, tout en fixant avec intensité le Garuda. Jamais dans sa vie n’avait-il senti une telle haine envers le Juge, sentiment d’autant plus présent que le Basilic estimait le moment mal choisi pour se battre.

« Quelque part, votre comportement ne m’étonne qu’à moitié… Depuis le début de nos malheurs ici, vous vous comportez comme si vous étiez encore aux Enfers, en pleine possession de vos pouvoirs. Ouvrez les yeux : ce n’est plus le cas ! siffla-t-il.

– Si j’étais toi, Basilic, je n’aggraverais pas mon cas et je la bouclerais… après m’avoir présenté des excuses, bien sûr », rétorqua le Garuda en l’observant d’un air prédateur.

Le jeune Spectre avait bien compris les velléités d’Éaque : il voulait juste laisser sa violence s’exprimer, et rien d’autre. Lui présenter des excuses ne servirait à rien, sinon s’offrir pieds et poings liés au Garuda. Sylphide n’avait nullement l’intention de commettre cette erreur, ni de capituler devant son adversaire. Il ne savait pas trop comment Rhadamanthe le prendrait en apprenant que son subordonné avait porté la main sur un Juge, mais il estimait qu’il avait le droit de défendre son honneur.

« Je n’ai pas l’intention de m’incliner devant vous, Juge Éaque. Rien dans votre comportement ou vos paroles ne me pousse au respect. Depuis le début, vous jouer contre votre propre camp en semant la zizanie. Si je dois me battre, je me battrai ! »

Sylphide appuya ses paroles en jetant un air de défi au Népalais. Read the rest of this entry »

L’Esprit d’Halloween

Cette fiction n’a aucune relation avec les Chroniques d’Ermengardis, et a été écrite pour répondre à un Concours d’Halloween 2010 lancé par Asrial sur son site RPG.

  • Mai 1984

L’approche d’une nouvelle guerre sainte contre le Sanctuaire d’Athéna se faisant une réalité plus concrète chaque jour, les Spectres déjà réincarnés et éveillés avaient commencé leurs préparatifs en vue d’un futur affrontement. Parmi ces mesures : la reprise en main du château d’Einstein, possession de la grande prêtresse Pandore. Celle-ci n’ayant que de piètres qualités d’administratrice – voire aucune qualité tout court – elle fit appel aux services de l’un des Juges des Enfers, qui avait tout de même plus la tête sur ses épaules qu’elle, et savait mener une mission tambour battant : Rhadamanthe de la Wivern.

Après avoir râlé un bon coup en voyant son ordre de mission remis par un Éaque hilare, il avait rabattu les membres de sa garde rapprochée récemment reconstituée : Valentine de la Harpie, Sylphide du Basilic, Queen de l’Alraune et Gordon du Minautore.

  • 31 octobre 1984

La pluie tapotait contre les vitres, couvrant le discret bruit d’une pièce qu’on place sur un échiquier. Rhadamanthe détourna le regard du liquide doré qui dansait doucement dans son verre pour se poser sur deux de ses subordonnés. Valentine venait d’abattre une tour de son adversaire, laissant Sylphide dans la plus profonde contemplation.

« Coincé, petit serpent ? s’amusa la Harpie. Tu devrais retourner te cacher sous un rocher…

– Je n’ai pas dit mon dernier mot. Laisse-moi juste réfléchir un peu, rétorqua le Basilic, vexé. Et ne me parle pas comme ça. »

Rhadamanthe devait s’avouer amusé : le Basilic étant le plus jeune de ses recrues, il se faisait souvent « chambrer » par le reste de sa garde d’élite. Cela passerait avec le temps, une fois que Sylphide aurait appris à se faire respecter des autres.

Un bruit d’affutage de lame détourna son attention sur l’Alraune, qui avait entrepris de remettre en état toute une collection d’armes blanches trouvées dans une bibliothèque. Le grand sourire qu’il affichait sur son visage prouvait qu’il n’allait pas manquer de railler le Basilic.

« Mais si, tu es un petit serpent ! gloussa-t-il. Une petite couleuvre, perdue au milieu des vipères… »

Sylphide le foudroya du regard avant de lâcher un froid : « Je ne t’ai pas demandé ton avis, toi ! »

« Ah, raté, Syl’, il faut être plus direct avec Queen pour lui clouer le bec. Je suis certain que tu rêves de lui dire qu’il est une petite teigne !  » s’amusa la Vouivre.

Son regard se perdit sur une horloge séculaire, la seule présente dans le château : la grande aiguille glissa mécaniquement pour se retrouver à la verticale. Il était neuf heures du soir.

Il avala une nouvelle gorgée de son whisky… et faillit s’étouffer avec lorsque quelqu’un frappa à la porte du salon. Étrange : ils étaient seuls dans cette partie du château, les serviteurs n’étant pas autorisés à pénétrer dans ces appartements. Il fixa la porte, imité par Valentine et Queen, tandis que Sylphide en profitait pour intervertir discrètement deux pièces de l’échiquier.

« Gordon, va vérifier ce qu’il se passe ! » cria-t-il à l’intention de son subordonné retranché dans la pièce voisine.

Le fait était contrariant : cela voulait sans doute dire qu’on pouvait s’infiltrer dans leur repaire comme dans un moulin.

Le Spectre du Minautore ne se fit pas prier et marcha droit en direction de la porte, qu’il ouvrit avec un air farouche… avant de contempler avec le plus grand étonnement le fauteur de trouble.

« Treat or trick ! » s’exclama une voix enfantine.

Rhadamanthe arqua un sourcil : encore cette tradition d’Halloween à la ^%**/§ ! ><

« Vire-moi ça ! »

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