Ecrits divers

L’Esprit d’Halloween

Cette fiction n’a aucune relation avec les Chroniques d’Ermengardis, et a été écrite pour répondre à un Concours d’Halloween 2010 lancé par Asrial sur son site RPG.

  • Mai 1984

L’approche d’une nouvelle guerre sainte contre le Sanctuaire d’Athéna se faisant une réalité plus concrète chaque jour, les Spectres déjà réincarnés et éveillés avaient commencé leurs préparatifs en vue d’un futur affrontement. Parmi ces mesures : la reprise en main du château d’Einstein, possession de la grande prêtresse Pandore. Celle-ci n’ayant que de piètres qualités d’administratrice – voire aucune qualité tout court – elle fit appel aux services de l’un des Juges des Enfers, qui avait tout de même plus la tête sur ses épaules qu’elle, et savait mener une mission tambour battant : Rhadamanthe de la Wivern.

Après avoir râlé un bon coup en voyant son ordre de mission remis par un Éaque hilare, il avait rabattu les membres de sa garde rapprochée récemment reconstituée : Valentine de la Harpie, Sylphide du Basilic, Queen de l’Alraune et Gordon du Minautore.

  • 31 octobre 1984

La pluie tapotait contre les vitres, couvrant le discret bruit d’une pièce qu’on place sur un échiquier. Rhadamanthe détourna le regard du liquide doré qui dansait doucement dans son verre pour se poser sur deux de ses subordonnés. Valentine venait d’abattre une tour de son adversaire, laissant Sylphide dans la plus profonde contemplation.

« Coincé, petit serpent ? s’amusa la Harpie. Tu devrais retourner te cacher sous un rocher…

– Je n’ai pas dit mon dernier mot. Laisse-moi juste réfléchir un peu, rétorqua le Basilic, vexé. Et ne me parle pas comme ça. »

Rhadamanthe devait s’avouer amusé : le Basilic étant le plus jeune de ses recrues, il se faisait souvent « chambrer » par le reste de sa garde d’élite. Cela passerait avec le temps, une fois que Sylphide aurait appris à se faire respecter des autres.

Un bruit d’affutage de lame détourna son attention sur l’Alraune, qui avait entrepris de remettre en état toute une collection d’armes blanches trouvées dans une bibliothèque. Le grand sourire qu’il affichait sur son visage prouvait qu’il n’allait pas manquer de railler le Basilic.

« Mais si, tu es un petit serpent ! gloussa-t-il. Une petite couleuvre, perdue au milieu des vipères… »

Sylphide le foudroya du regard avant de lâcher un froid : « Je ne t’ai pas demandé ton avis, toi ! »

« Ah, raté, Syl’, il faut être plus direct avec Queen pour lui clouer le bec. Je suis certain que tu rêves de lui dire qu’il est une petite teigne !  » s’amusa la Vouivre.

Son regard se perdit sur une horloge séculaire, la seule présente dans le château : la grande aiguille glissa mécaniquement pour se retrouver à la verticale. Il était neuf heures du soir.

Il avala une nouvelle gorgée de son whisky… et faillit s’étouffer avec lorsque quelqu’un frappa à la porte du salon. Étrange : ils étaient seuls dans cette partie du château, les serviteurs n’étant pas autorisés à pénétrer dans ces appartements. Il fixa la porte, imité par Valentine et Queen, tandis que Sylphide en profitait pour intervertir discrètement deux pièces de l’échiquier.

« Gordon, va vérifier ce qu’il se passe ! » cria-t-il à l’intention de son subordonné retranché dans la pièce voisine.

Le fait était contrariant : cela voulait sans doute dire qu’on pouvait s’infiltrer dans leur repaire comme dans un moulin.

Le Spectre du Minautore ne se fit pas prier et marcha droit en direction de la porte, qu’il ouvrit avec un air farouche… avant de contempler avec le plus grand étonnement le fauteur de trouble.

« Treat or trick ! » s’exclama une voix enfantine.

Rhadamanthe arqua un sourcil : encore cette tradition d’Halloween à la ^%**/§ ! ><

« Vire-moi ça ! »

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